Adresses & Coups de coeur

Mes adresses à Bangkok : les endroits où je reviens depuis des années

Café des Stagiaires, Playlys, CALM et d'autres — pas des listes TripAdvisor. Les endroits que je fréquente vraiment.

L'autre soir, un pote fraîchement débarqué de Lyon m'a demandé "alors, tu vas où toi à Bangkok ?". J'ai ouvert Google Maps et j'ai regardé mes lieux enregistrés. Il y en a 247. Mais en vrai, ceux où je retourne — vraiment, régulièrement, depuis des années — ça tient sur les doigts de deux mains. Le reste, c'est du bruit. Des endroits testés une fois, parfois sympas, souvent oubliés la semaine suivante.

Ce qui va suivre, c'est ma liste personnelle. Pas une liste "best of Bangkok 2025" écrite par quelqu'un qui a passé 72 heures dans la ville. Ce sont les endroits où le staff me connaît par mon prénom, où je sais exactement quoi commander, et où je me sens chez moi après sept ans ici. Certains sont connus des expats, d'autres beaucoup moins. Aucun ne m'a payé pour en parler — et vu la tronche de mon blog, personne ne me paiera jamais.

Café des Stagiaires — Mon QG de travail depuis 2021

Je suis tombé sur le Café des Stagiaires par hasard, en cherchant un endroit avec du wifi correct près de Silom. Le nom m'a fait sourire. Le café m'a fait rester.

C'est un café tenu par des Français (oui, encore un café français à Bangkok, mais celui-là vaut le détour). L'ambiance est décontractée, le wifi est stable — et croyez-moi, à Bangkok, un wifi stable dans un café, c'est pas acquis. Je viens ici deux à trois fois par semaine pour bosser. Le flat white est bon, les viennoiseries sont honnêtes, et surtout il y a cette règle non écrite : on ne te fait pas chier si tu restes trois heures avec un seul café. Dans certains cafés branchés de Thonglor, on te regarde de travers au bout de 45 minutes.

Le public, c'est un mélange de digital nomads, d'expats francophones et de Thaïs qui bossent en freelance. J'y ai rencontré mon comptable actuel. J'y ai aussi écrit au moins la moitié des articles de ce blog.

Conseil pratique : Arrivez avant 10h en semaine si vous voulez une place avec prise électrique. Après, c'est la guerre. Le week-end, c'est plus calme — mais la cuisine ferme plus tôt.

CALM — Le bar où je n'emmène pas tout le monde

CALM, c'est mon bar de quartier. Enfin, "de quartier" — il faut quand même le trouver. C'est un speakeasy-pas-vraiment-speakeasy dans le coin d'Ekkamai. Pas d'enseigne criarde, pas de promoteurs à l'entrée, pas de musique à 140 dB. Juste des cocktails très bien foutus, une ambiance tamisée, et des bartenders qui savent ce qu'ils font.

J'y vais quand j'ai besoin de décompresser après une journée de merde, ou quand j'ai un rendez-vous où je veux faire bonne impression sans tomber dans le piège des rooftops à 350 bahts le gin tonic. Ici, les cocktails tournent entre 280 et 380 bahts, et chacun vaut son prix.

Le truc que j'aime : la carte change régulièrement, mais il y a toujours un old fashioned impeccable. Et le staff se souvient de ce que tu as bu la dernière fois. Après trois ans, le bartender principal me prépare "le habituel" sans que j'aie à ouvrir la bouche.

Playlys — L'endroit qui m'a réconcilié avec la vie sociale à Bangkok

Bangkok, c'est une ville où tu peux avoir 200 connaissances et zéro ami. J'ai vécu ça pendant mes deux premières années. Playlys a changé la donne — pas tout seul, mais ça a aidé.

C'est un espace hybride : un peu café, un peu bar, un peu lieu de coworking, un peu salle d'événements. Le concept peut sembler flou vu de l'extérieur, mais en pratique ça fonctionne. Ils organisent régulièrement des soirées à thème, des sessions de jeux de société, des projections. C'est le genre d'endroit où tu viens seul et tu repars avec un numéro de téléphone — et pas dans le sens glauque du terme.

J'y ai rencontré deux de mes amis proches actuels lors d'un quiz night un mardi soir de mousson. On était trempés, un peu bourrés, et on a fini derniers du classement. Cinq ans plus tard, on se voit toutes les semaines.

Mes cantines du quotidien — Là où je mange vraiment

Quand les gens me demandent "où manger à Bangkok", je sens toujours qu'ils attendent des noms de restaurants instagrammables. Mais la réalité de ma vie, c'est que je mange 80% du temps dans des endroits sans nom sur Google Maps.

Il y a la dame du soi 38 — enfin, ex-soi 38, le marché a été déplacé — qui fait le meilleur pad kra pao que j'ai mangé en sept ans. Il y a le gars au coin de mon soi à On Nut qui prépare un khao man gai à 50 bahts qui rendrait dingue n'importe quel chef français. Et il y a Jeh O Chula, le seul endroit "connu" de ma liste, pour le tom yum mama à 2h du matin quand rien d'autre ne va.

Mais pour les endroits avec une vraie adresse que vous pouvez trouver, voici mon tableau comparatif :

Lieu Quartier Type Budget moyen Idéal pour Fréquence (moi)
Café des Stagiaires Silom Café / coworking 150–250 ฿ Bosser au calme 2–3x / semaine
CALM Ekkamai Bar à cocktails 600–900 ฿ Date / décompresser 2x / mois
Playlys Ari Café-bar-events 200–400 ฿ Rencontrer des gens 1–2x / mois
Khao man gai coin d'On Nut On Nut Street food 50–70 ฿ Déjeuner rapide 3–4x / semaine
Jeh O Chula Sam Yan Restaurant / late night 200–350 ฿ Bouffe de nuit 1x / mois
Iwane Goes Nature Charoen Krung Café brunch 250–400 ฿ Week-end tranquille 2x / mois

Iwane Goes Nature — Mon refuge du week-end

Charoen Krung est devenu le quartier à la mode ces dernières années, et je ne vais pas faire semblant que c'est "mon secret". Mais Iwane Goes Nature, j'y allais avant que tous les influenceurs débarquent, et j'y vais encore maintenant que la hype est un peu retombée.

C'est un café dans une vieille maison en bois, avec un petit jardin. Le brunch est excellent — les pancakes sont dangereux pour ma ligne — et l'endroit a cette atmosphère rare à Bangkok : le silence. Pas de musique à fond, pas d'écrans géants, pas de serveurs qui crient les numéros de commande. Juste le bruit des ventilateurs et des oiseaux.

J'y vais le dimanche matin avec un bouquin. C'est mon rituel. Quand je le rate, ma semaine commence mal.

À savoir : Beaucoup d'endroits "branchés" de Bangkok ferment ou changent de concept après 18 à 24 mois. Les adresses de cet article ont toutes tenu au moins 3 ans — c'est ma règle avant de les recommander. Vérifiez quand même les horaires avant d'y aller, parce que les horaires à Bangkok, c'est plus une suggestion qu'une règle.

Les endroits où je n'emmène plus personne

Tant qu'à être honnête, autant aller jusqu'au bout. Il y a des endroits que je recommandais il y a trois ans et que j'ai rayés de ma liste.

Khao San Road — j'y suis allé une seule fois en sept ans, pour accompagner ma sœur en visite. Ça m'a suffi. C'est bruyant, c'est cher pour ce que c'est, et c'est fondamentalement un parc d'attractions pour backpackers. Aucun jugement sur ceux qui aiment — c'est juste pas mon truc.

Les rooftops bars en général — à 350-500 bahts le verre, avec une vue qui se ressemble d'un building à l'autre, j'ai décroché. J'emmène les visiteurs au Vertigo une fois, pour la photo, et c'est fini.

Thonglor après 23h — c'était mon quartier de sortie pendant mes premières années. Maintenant, les prix ont grimpé, les clubs se ressemblent tous, et j'ai 38 ans. Le calcul coût-bénéfice ne fonctionne plus.

Ce que j'aurais voulu savoir

Quand je suis arrivé à Bangkok en 2018, j'ai fait ce que tout le monde fait : j'ai suivi les listes "Top 10" et les recommandations de blogs écrits par des gens de passage. J'ai dépensé de l'argent et du temps dans des endroits qui ne me correspondaient pas.

Ce que j'aurais voulu savoir, c'est que les meilleures adresses à Bangkok ne se trouvent pas sur Google — elles se trouvent en parlant aux gens qui vivent ici. En acceptant de pousser la porte d'un endroit sans étoiles sur TripAdvisor. En retournant au même endroit suffisamment de fois pour que ça devienne le tien.

J'aurais aussi voulu savoir que les adresses changent, et que c'est normal. Bangkok est une ville qui se reconstruit en permanence. Le restaurant incroyable d'aujourd'hui sera peut-être un 7-Eleven dans six mois. C'est frustrant, mais c'est aussi ce qui rend cette ville vivante.

Mon dernier conseil : ne cherchez pas "les meilleures adresses de Bangkok". Cherchez vos adresses. Celles où vous vous sentez bien, où le café est comme vous l'aimez, où le bartender connaît votre prénom. Ça prend du temps. Ça vaut le coup.

Et si vous passez par le Café des Stagiaires un mardi matin, cherchez le type avec le MacBook cabossé et le flat white. C'est probablement moi.